Une conférence, de la bienveillance, des rencontres, des regards…

Jeudi soir se tenait la deuxième conférence d’un cycle de quatre, organisée par Nicolas Janssen et Bruno Humbeeck, où cette séance avait pour thème « Comment vivre collectivement plus heureux ».

De gauche à droite : Bruno Humbeeck, Dimitri Mertens, Marbella Pérez Peña, Gwenaëlle Bresmal et au micro Nicolas Janssen

« Vivrons-nous mieux demain ? », était le sujet de la première conférence qui avait lieu en février, avec Adélaïde Charlier, Vinz Kanté et Bruno Humbeeck comme intervenants principaux.

Les deux thèmes me tiennent particulièrement à cœur, dans mon métier d’accompagnement pour soulager la souffrance des gens et les aider à se remettre en route vers un objectif qui fait sens pour eux.

Le premier thème houleux en rapport avec l’eco-anxiété nous avait bien secoués. Ce que je retiens, c’est que pour mieux vivre cette anxiété, un soulagement est obtenu en mouvement, en mettant en place des actions concrètes. A mon niveau, hors mon métier, et ma sensibilité au vivant, ces actions se font par le partage de connaissances, la publicité pour des conférences inspirantes comme celle-ci. Je pense que chacun peut définir ses actions pour le bien-être au sens large, pour soi, pour les autres, et pour la communauté entière du vivant, les trois filtres essentiels dans la prise de décisions.

Hier soir, le thème du collectif nous a permis de comprendre comment naviguer dans le monde avec nos ressources intérieures, que l’on peut développer à l’infini grâce à notre cerveau qu’on utilise à plein régime (et non à 10% comme d’aucuns l’affirment) , pour trouver des alternatives à nos quêtes d’assouvissement de nos besoins fondamentaux, comme définis par la piramide de Maslow.

Illustratration Pauline Antoine

Pour rephraser: Consommer en conscience, avec le moindre impact possible sur les ressources planétaires limitées, que ce soit pour s’alimenter , se loger, nourrir nos liens avec nos semblables, entretenir notre estime, et trouver un sens à notre existence.

Voilà ce que je retiens en grandes lignes de l’intervention de Dimitri Mertens, qui depuis qu’il est sorti de son activité au sein de Climact pour être co-auteur de récits alternatifs.

La conférence a continué avec beaucoup de conscience, avec deux intervenantes qui nous ont éveillés à la pleine conscience. Nous y avons même goûté en une minute de pratique, ce qui a amené plus de présence encore à la conférence. Gwenaëlle Bresmal nous a parlé de l’impact de la pratique sur les ados, plus particulièrement celles et ceux en proie à l’anxiété, sociale ou écologique, pour que ces jeunes puissent appréhender le monde avec plus de recul, se construire avec plus de souplesse et apprendre à se comprendre et à se connaître avec bienveillance. Le rôle de l’empathie y est fondamental. Le sentiment d’appartenance en découle.

Présentation de Marbella Pérez Peña et de Gwenaëlle Bresmal, Nicolas Janssen au 🎤

Marbella Pérez Peña nous a également parlé de pleine conscience dans le cadre de la scolarité avec des expériences concrètes. Cette pratique apporte plus de lien à soi et avec notre entourage, un lien que j’interprète comme étant de plus grande qualité que celui que les jeunes ont via les réseaux sociaux digitaux. Elle nous a parlé de lenteur, d’être plutôt que de faire.

Marbella Pérez Peña

Bruno Humbeeck nous a parlé de lucidité, de développer un esprit critique pour appréhender le monde avec discernement. Avec un exemple concret d’enfant en classe où l’instituteur.trice se trompe en nommant giraffe un hippopotame et inversement, sans la correction d’un autre adulte présent, l’enfant « obéira » et nommera les animaux de façon erronée. Il nous a donc proposé une forme de la désobéissance face à une personne d’autorité, en gardant une obéissance aux règles, justement pour permettre l’esprit critique et surtout permettre ou autoriser le doute pour continuer à chercher la « vérité« .

Bruno Humbeeck

Dans la continuité de cette question de « vérité », nous faisons face au développement des IA. Bruno nous a aussi développé brièvement l’histoire de l’évolution des mondes virtuels, depuis la réalité augmentée jusqu’à l’arrivée des IAs. Ayant une carrière de plus de 15 ans en transition numérique, je dirais même avec passion pour la partie mise en lien des collaborateurs et communication inter-départements dans les entreprises, j’ai été fascinée par la réalité augmentée pour faciliter les maintenances d’appareils médicaux (comme chez IBA). La suite de l’évolution du développement de l’intelligence numérique est passée par les métavers, des mondes virtuels, qui personnellement m’ont fait très peur. Bruno a évoqué cette évolution en disant qu’elle s’est fort heureusement étouffée. Maintenant, nous sommes face à des IA, qui ne doutent jamais, où nous devons rester vigilants, en gardant (ou développant) un esprit critique.

Bruno Humbeeck

La soirée a continué avec la question du « que faire finalement maintenant », en évoquant le besoin d’écrire un récit. Nous avons besoin d’un nouveau récit, car le récit actuel du progrès comme solution nous amène droit dans le mur. Ce nouveau récit prend du temps, du silence en soi pour se réapproprier son récit, puis aussi prendre le temps de digérer les récits que nous entendons, faire une pause, et puis décider de comment nous réagissons (ou pas) aux différents récits.

En conclusion, j’ai compris que sur le thème du mieux-vivre ensemble, nous faisons face à plusieurs transitions, qui passent par un changement de regard -Ah, que ces mots résonnent avec passion en moi –

La soirée a continué avec des questions posées par le public venu en nombre, des échanges riches au sujet de la publicité et de sa réglementation, où Bruno a parlé du besoin de règles concernant les algorithmes qui « proposent » des publicités en relation avec nos désirs les plus intimes, car ces IA analysent nos « likes » sur les réseaux ou nos recherches sur le net. Il nous rappelle la situation géostratégique, les États Unis créent, la chine copie et l’Union européenne réglemente, sauf que ces derniers ont toujours une bataille en retard.

Pour conclure, et j’adhère complètement, le récit se construit pas à pas,en avançant par essais-erreurs, en questionnant et surtout en continuant à évoluer.

Mon émerveillement principal reste la fascination pour l’évolution, que ce soit dans la nature, dans mes relations, chez l’autre, ou en moi. Je me dis souvent en rencontrant une connaissance : « Qu’est-ce qui a changé depuis notre dernière rencontre ? » J’aspire à ne jamais figer quelqu’un dans une version qui parfois a été une interprétation avec les filtres émotionnels du moment de la dernière rencontre.

Une facette artistique si réconciliante et qui apporte une lumière au récit, était également présente, au travers d’une merveilleuse illustratrice, Pauline Antoine, qui a résumé la conférence avec ses illustrations réalisées en direct .

🎨 Pauline Antoine

Je terminerai par féliciter Nicolas Janssen pour la mise en œuvre d’un programme qui rassemble, qui à mon sens, facilite la création d’un récit collectif de façon visionnaire entre citoyens, chercheurs, actionnaires du vivant (pour ne pas utiliser le mot activistes, plus connoté), incluant la politique d’une manière accessible. Quelle belle preuve de joyeuse ouverture d’esprit!

N’est-ce pas là aussi un bel exemple de congruence!

Les deux prochaines dates sont connues, une en Juin et la dernière en juillet. Pour celles et ceux en Belgique, je vous inviterais à suivre Nicolas Janssen et Bruno Humbeeck sur LinkedIn pour en connaître les détails.

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